Sans réducteur
Les ascenseurs récents ont un moteur synchrone à aimants permanents qui entraîne directement la poulie. À 1 m/s, une poulie de 48 cm fait environ 40 tours par minute : lent, silencieux, sans huile.
Un guide libre, pour tout le monde
On appuie sur un bouton, les portes se ferment, on monte. Entre les deux, un moteur, des câbles, un contrepoids, un frein et une dizaine de sécurités travaillent ensemble. Voici tout, expliqué simplement, et une maquette 3D pour le voir de ses yeux.
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1. Le voyage
Prenons Awa, au rez-de-chaussée. Elle appuie sur la flèche « monter ». La cabine est au 3e : elle descend la chercher, ouvre, Awa entre et appuie sur « 2 ». Voici, dans l’ordre, ce que fait l’ascenseur. Chaque étape se voit dans la démo, qui peut s’arrêter à chacune d’elles (mode « pas à pas »).
2. Les organes
Un ascenseur « à traction », le plus courant dans les immeubles : la cabine pend à des câbles qui passent sur une poulie motorisée, tout en haut. Survolez ou touchez un numéro.
3. Le contrepoids
La cabine pèse environ 650 kg à vide. Le contrepoids, de l’autre côté de la poulie, pèse la cabine plus 45 % de la charge prévue (630 kg ici), soit environ 930 kg. Le moteur ne porte que la différence. Faites monter des gens :
4. Le moteur et sa courbe
Le moteur est piloté par un variateur de fréquence : en changeant la fréquence du courant, il règle la vitesse au tour près. Il suit une courbe « en S » : l’accélération monte progressivement, plafonne, puis redescend. Ce qui donne mal au cœur, ce n’est pas l’accélération, c’est son changement brusque (l’à-coup).
Les ascenseurs récents ont un moteur synchrone à aimants permanents qui entraîne directement la poulie. À 1 m/s, une poulie de 48 cm fait environ 40 tours par minute : lent, silencieux, sans huile.
Un codeur compte les tours du moteur, et des aimants ou des repères dans la gaine recalent la position à chaque étage. L’armoire connaît la position de la cabine au millimètre.
Cabine vide qui monte, ou cabine pleine qui descend : c’est le côté le plus lourd qui entraîne. Le moteur retient, devient générateur, et l’énergie est dissipée dans une résistance ou renvoyée au réseau.
5. Les portes
Chaque étage a sa porte palière, mais aucune n’a de moteur. Le moteur de porte est sur le toit de la cabine : c’est la porte de la cabine qui vient chercher celle de l’étage.
Sans cabine derrière, un crochet tient la porte palière fermée. On ne peut pas l’ouvrir depuis le palier.
La cabine arrive. Sa came (deux lames) s’écarte et saisit les galets de la porte palière : le crochet se soulève, la serrure s’ouvre.
Les deux portes glissent ensemble. Un rideau de faisceaux infrarouges, sur toute la hauteur, empêche la fermeture tant que quelqu’un passe.
Fermeture lente (moins de 150 N de force, moins de 10 joules d’énergie), puis la came relâche, le crochet retombe et son contact électrique se ferme.
6. La sécurité
Un ascenseur moderne est l’un des moyens de transport les plus sûrs, parce que chaque danger est couvert par au moins deux dispositifs qui ne dépendent pas l’un de l’autre.
Tous les contacts (chaque serrure de porte palière, la porte de cabine, le limiteur, le parachute, les fins de course, l’arrêt de cuvette) sont branchés en série, comme des guirlandes. Un seul ouvert, et le moteur n’est plus alimenté.
Ce sont des ressorts qui serrent le frein ; l’électricité ne sert qu’à l’ouvrir. Coupure de courant, chaîne ouverte, panne du variateur : le frein retombe tout seul.
Une poulie, entraînée par un câble attaché à la cabine, tourne à la vitesse de la cabine. À 115 % de la vitesse prévue, ses masselottes s’écartent et la bloquent. C’est purement mécanique.
Le câble du limiteur, bloqué, tire une tringlerie sous la cabine. Des coins viennent pincer les rails de guidage et arrêtent la cabine en douceur (entre 0,2 et 1 g en moyenne), même si tous les câbles de traction avaient lâché.
Au fond de la gaine, ressorts ou vérins à huile reçoivent la cabine ou le contrepoids s’ils dépassaient leur course. Le dernier filet.
Plusieurs câbles d’acier en parallèle, chacun calculé avec une marge énorme : un seul suffirait à porter la cabine chargée. Ils sont contrôlés régulièrement et changés à l’usure.
7. L’arrêt au millimètre
La norme européenne demande que la cabine s’arrête à ± 10 mm du palier, et qu’elle y reste à ± 20 mm pendant qu’on entre et sort. Or les câbles d’acier sont un peu élastiques : quand quatre personnes montent, ils s’allongent de quelques millimètres et la cabine s’enfonce.
L’armoire le voit grâce aux capteurs de la zone de porte. Elle ouvre le frein et remet la cabine au niveau, portes ouvertes, très lentement : c’est l’isonivelage. Dans la démo, cochez « Grossir les petits mouvements » pour le voir.
8. L’ordre des arrêts
La plupart des ascenseurs suivent une règle simple, la collective sélective : tant qu’il reste des appels devant lui, il garde son sens de marche. En montant, il ne s’arrête que pour les gens qui veulent monter ; ceux qui ont appuyé sur « descendre » seront pris au retour. C’est pour cela qu’il faut appuyer sur la flèche de son sens, et pas sur les deux.
9. Les autres familles
Aujourd’hui le plus courant en logement : le moteur, très plat, est fixé en haut de la gaine elle-même, et l’armoire est intégrée à l’encadrement d’une porte palière. Même principe, moins de place.
Les câbles passent sous des poulies fixées sur la cabine et sur le contrepoids, puis remontent s’ancrer en haut. Le moteur porte deux fois moins d’effort mais tourne deux fois plus vite : comme un palan.
Pour quelques étages : un vérin pousse la cabine par en dessous. Une pompe envoie de l’huile pour monter ; pour descendre, une vanne la laisse revenir au réservoir. Pas de contrepoids.
Dans les tours, vitesses de 6 à plus de 15 m/s, câbles légers en fibres, cabines à deux étages, et des algorithmes qui regroupent les gens par destination avant même qu’ils montent.
10. Questions fréquentes
Il y en a plusieurs, et un seul suffirait. Si malgré tout la cabine prenait de la vitesse, le limiteur de vitesse déclencherait le parachute, qui la bloquerait sur ses rails. La chute libre d’une cabine d’ascenseur moderne, telle qu’on la voit au cinéma, n’arrive pas.
Le frein se serre tout seul (il est tenu ouvert par l’électricité) et la cabine s’arrête. Beaucoup d’ascenseurs ont une batterie qui les amène, lentement, au palier le plus proche et ouvrent les portes. Sinon, on reste en sécurité dans la cabine et on utilise le bouton d’alarme, relié en permanence à un service de secours.
Non. Le premier appui enregistre l’appel ; les suivants ne changent rien. Appuyer sur les deux flèches est même contre-productif : l’ascenseur risque de s’arrêter pour rien.
Souvent oui : il raccourcit l’attente portes ouvertes. Mais il ne peut jamais forcer la fermeture si le rideau infrarouge voit quelqu’un.
Les câbles s’allongent légèrement sous le poids. L’ascenseur le corrige aussitôt : c’est l’isonivelage, un tout petit mouvement très lent, autorisé portes ouvertes.
C’est la charge pour laquelle l’ascenseur est conçu, avec une personne comptée 75 kg. La cabine pèse la charge ; au-delà (environ 110 %), un signal sonore retentit et l’ascenseur refuse de partir.
Précisions
La démo simule un ascenseur de logement typique : 5 niveaux, 1 m/s, 630 kg, moteur sans réducteur, poulie de 480 mm, mouflage 1:1, contrepoids équilibré à 45 %, accélération plafonnée à 0,8 m/s² et à-coup à 1 m/s³. Les valeurs de sécurité (limiteur à 115 %, parachute entre 0,2 et 1 g, portes à moins de 150 N et 10 J, arrêt à ± 10 mm) suivent les normes européennes EN 81-20 et EN 81-50. Les détails varient d’un constructeur à l’autre ; pour un vrai chantier, seuls les textes des normes et les notices font foi.
La maquette 3D rejoue tout cela devant vous : vous pouvez appeler l’ascenseur, ajouter des passagers, ralentir, arrêter chaque étape, et provoquer une panne pour voir le parachute.
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